Les paysans

Monika Szymaniak » Pologne partitionnée

L’automne, de plus en plus profond, s’installait.

Des jours blafards se traînaient à travers les champs nus, muets, et agonisaient lentement dans les forêts — de plus en plus silencieux, de plus en plus exsangues, pareils à ces saintes hosties éclairées par la flamme expirante de cierges funèbres. Continue reading “Les paysans”

La terre promise

Monika Szymaniak » Pologne partitionnée

Les machines à vapeur tour à tour tiraient les cordes des wagons remplis, s’entrecroisaient, enlevaient des wagons vidés, vomissaient des tourbillons de fumée, puis, en sifflant, en rugissant, en s’entrechoquant avec un bruit métallique, traversaient les fumées et les poussières ou, décrochées des trains, glissaient vers les remises avec un hurlement terrible. Continue reading “La terre promise”

Les ferments

Monika Szymaniak » Pologne partitionnée

Elle poussa furieusement la chaise qui lui barrait le passage. Elle, elle accoucherait de ses enfants, elle veillerait sur son ménage, elle vivrait dans ce monde qui l’avait giflée dimanche dernier ; elle sourirait à cette vieille paysanne, sa belle-mère, qui s’acquittait naguère des corvées avec sa propre servante, elle appellerait “père” cet ivrogne, ce coureur de tavernes, elle serait femme du fils d’un ancien tenancier, de ce roturier de Grzesik ! Continue reading “Les ferments”

La poupée

Monika Szymaniak » Pologne partitionnée

Puis, de nouveau, après avoir expédié en quelques heures les affaires de Suzin, il déambulait dans Paris. Il errait dans des rues inconnues, se noyait dans une foule innombrable et plongeait dans le chaos apparent de choses et d’événements, au fond duquel il découvrait un ordre et un principe sous-jacents. Ou encore, pour se changer les idées, il buvait du cognac, jouait aux cartes ou à la roulette, ou se livrait à la débauche. Continue reading “La poupée”