„Opowiadania z dreszczykiem”

„Opowiadania z dreszczykiem”, Gaston Leroux, Monika Szymaniak, 2020.

Opowiadania z dreszczykiem to zbiór opowiadań Gastona Leroux (1868-1927) — porównywanego do Arthura Conan Doyle’a i Edgara Allana Poe klasyka francuskiej literatury popularnej, autora takich powieści jak wielokrotnie adaptowany na potrzeby sceny i ekranu Upiór w operze czy opowiadająca o zagadce zbrodni niemożliwej Tajemnica żółtego pokoju. W skład tomu wchodzi sześć krótkich utworów prozatorskich wydanych w odcinkach we francuskiej prasie w latach 1911-1925: Uczta kadłubków (1911), Złoty topór (1912), Kobieta z aksamitką (1924), Gwiazdka Wicusia Wincenta (1924), Nasza Olimpia (1924) i Straszna oberża (1925). Dopiero w 1977 roku, pięćdziesiąt lat po śmierci autora, ukazały się one łącznie w zbiorze Histoires épouvantables (Straszne historie) nakładem wydawnictwa Nouvelles Éditions Baudinière.

Każde opowiadanie to jedna — przeżyta lub zasłyszana podczas podróży — straszna, niesamowita historia, którą opowiada swoim sceptycznym towarzyszom przy kieliszku aperitifu w kawiarni na nabrzeżu starego portu w Tulonie emerytowany wilk morski. Wszystkie historie osadzone są w malowniczej, pełnej lokalnego kolorytu scenerii: w tulońskim Mourillonie, na paryskim Montmartrze, w korsykańskim Bonifacio, w niemieckim Szwarcwaldzie czy w szwajcarskiej Jurze. Ich fabuła, łącząca w sobie elementy kryminału, sensacji, melodramatu, grozy i fantastyki (ostatecznie zjawiska nadprzyrodzone zawsze znajdują jednak racjonalne wyjaśnienie) ogniskuje się wokół frapującej, ponurej zagadki i kończy zaskakującą puentą. Misterna szkatułkowa kompozycja i wartka, pełna nieoczekiwanych zwrotów akcja budzi zaciekawienie i buduje napięcie. Błyskotliwe dialogi, wyraziste postaci, barwne szczegóły i sugestywna atmosfera sprawiają, że łatwo dać się wciągnąć i ponieść opowieści. Charakterystyczny dla Gastona Leroux dramatyczny, emfatyczny styl (tekst obfituje w wykrzykniki, wielokropki i wyróżnienia) przeciwważy duża doza autoironii, dystansu i humoru (często czarnego humoru i groteski).

Opowiadania z dreszczykiem dziś już raczej nikogo nie przestraszą, a współczesnemu czytelnikowi mogą się wydać dość staroświeckie. Ich intryga jest nieprawdopodobna, a stylistyka nieco efekciarska. Nadal jednak świetnie się je czyta, bo wciągają, bawią i dostarczają rozrywki. Oczywiste jest, że Gaston Leroux lubi opowiadać i robi to wyśmienicie — z ogromną lekkością, swobodą, werwą i wprawą, ale też i z przymrużeniem oka. Jego opowiadania stanowią rodzaj błyskotliwej, literackiej zabawy w starym, dobrym stylu i z pewnością spodobają się wszystkim tym, którzy lubią słuchać strasznych historii.


Szczegółowe informacje o książce

Tytuł: Opowiadania z dreszczykiem
Tytuł oryginału francuskiego: Quelques nouvelles terrifiantes (Groupe Ebooks Libres et Gratuits)
Autor: Gaston Leroux
Gatunek: opowiadanie
Data powstania: 1911-1925
Tłumaczenie z francuskiego: Monika Szymaniak
Wydawca: Monika Szymaniak
Data wydania: 2.03.2020
Liczba słów: 30 306

E-book PDF
ISBN: 978-83-956932-5-0
Całkowita liczba stron (z okładką włącznie): 97
Wielkość pliku: 1,57 MB

E-book EPUB
ISBN: 978-83-956932-6-7
Wielkość pliku: 265 KB

W SPRZEDAŻY JUŻ WKRÓTCE

« La sécheresse »

„Baśnie Szecherezadka”, Jeremi Przybora, 1966.
« Les contes de Shéhérazadet », Jeremi Przybora, Czytelnik, 1966.

Les grandes chaleurs d’été, qu’on ne connaît presque plus aujourd’hui, jouaient jadis un rôle plutôt important dans notre climat. Elles sévissaient habituellement aux mois de juin, de juillet et d’août, même si elles pouvaient tout aussi accabler mai et septembre d’un soleil impitoyable. Quand ces lointaines îles blanches d’un climat disparu me reviennent aujourd’hui en mémoire, des souvenirs colorés m’assaillent comme une nuée d’oiseaux exotiques. Et comme ma mémoire est courte et défaillante, c’est mon imagination, plus puissante et plus sûre, qui leur redonne de l’éclat. Il me suffit parfois de fermer les yeux pour me revoir, au cœur d’une canicule urbaine, à des dizaines d’années d’ici, les pieds enfoncés jusqu’aux chevilles dans l’asphalte ramolli de la rue. Je suis là, debout, au milieu du lit à sec d’un ancien torrent de véhicules, et je regarde autour de moi, en abritant de la main mes prunelles éblouies par le soleil. Aussi loin que porte le regard, ce ne sont que kiosques à sodas taris, caisses à fruits — parfois exotiques — vides, salons de thé pleins de vapeur échappée de samovars chauffés à blanc, tavernes à sec de bière aux seuils desquelles des clients aux panses gigantesques somnolent. À l’entrée d’un immeuble, un concierge à casquette de marin bleu foncé suce avidement le tuyau dont il arrose la rue. En vain. De temps à autre, il en aspire une petite grenouille desséchée, qu’il recrache aussitôt par terre, dégoûté.

Je me traîne vers la rivière asséchée, dont les flaques, telles des orbites béantes, semblent supplier un ciel sans nuage. Des fenêtres des maisons voisines, j’entends sortir des gémissements de robinets ouverts, qu’il n’y a plus besoin de fermer. Assis sur les bancs disposés le long des quais, les lecteurs déshydratés n’arrivent plus à humecter leurs doigts pour tourner les pages de leurs livres. Ils restent ainsi, interrompus au milieu de leur lecture, avec, dans les yeux, le désespoir de ne pouvoir assouvir ni leur curiosité ni leur soif. Je longe un pont aux arches flétries, qui plonge les racines de ses piliers dans le fond aride de la rivière. J’entends déjà rugir les animaux assoiffés du zoo voisin. Je rôde autour de la grille dans l’espoir de tomber sur un chameau. En effet, un groupe d’employés y est en train d’emporter le corps d’un dromadaire mort. Mes lectures instructives de naguère en tête, je cherche le fameux estomac qui sert aux chameaux de réserve d’eau. Je le trouve, effectivement ; l’eau n’est pas mauvaise du tout, mais elle finit trop rapidement. Je continue à errer, pour regagner enfin la rive gauche, avec son dédale de vieilles ruelles. Et voilà que mes yeux se posent sur l’écriteau placé sur la façade d’une maison proprette : « Pour assouvir votre soif convenablement et à prix raisonnable, choisissez la pension de madame Rumianek ». Plein d’espoir, je me précipite d’un pas alerte vers la porte, quand un monsieur fort déshabillé se penche par la fenêtre de cet établissement accueillant et s’écrie d’une petite voix plaintive :

— À boire ! À boire !

— Ça alors !… — me dis-je et j’enfile une autre ruelle qui m’égare dans un labyrinthe inextricable de soifs et de désirs, de canicule et de sécheresse.

Mais comment pourriez-vous comprendre ceci, vous, les jeunes générations de Polonais, nées sous le signe de cette arme moderne infaillible contre la soif qui est la machine à gazéifier l’eau* ?


* Les voiturettes de marchands d’eau gazéifiée faisaient partie intégrante du paysage urbain de la Pologne communiste (NDT).


« La sécheresse » („Susza”), « Les histoires caniculaires » („Opowieści upalne”), Les contes de Shéhérazadet (Baśnie Szecherezadka), Jeremi Przybora, Czytelnik, 1966. Traduction du polonais : Monika Szymaniak.

« L’étrangère »

« Portrait de madame Błeszyńska », Leopold Gottlieb, 1934.
« Portrait de madame Błeszyńska », Leopold Gottlieb, 1934.

Rose décida de se venger. De la Pologne, où le malheur lui était arrivé, et des hommes. Sa beauté éclatait alors comme des habits princiers ; dans la rue, toutes les têtes se retournaient sur son passage. Elle ne voulut point de jolis damoiseaux ni de vieillards puissants ; elle le voulut lui, Adam, paisible et insignifiant, pour l’écraser sous le poids de sa beauté, lourde comme un immense bloc de pierre. Lui, qui ne pouvait rien lui offrir en échange de ce don cruel — ni la volupté, ni la richesse —, pour ne lui devoir aucune reconnaissance. Elle le voulut lui, un veule étudiant pétersbourgeois, un volume de Darwin sous le bras, une image de la Vierge de Częstochowa dans la poche, avec sa barbe de moujik russe et son cœur vistulien romantique.

Fraîchement diplômé de mathématiques, il venait de rentrer au pays, où sa famille faisait des neuvaines et fondait des messes pour qu’il se contente d’une carrière mineure, ne serait-ce d’un emploi subalterne à la poste, au lieu de retourner dans la Russie orthodoxe. Ses sœurs dénichèrent Rosa. Elles sentaient bien qu’il fallait lui offrir quelque chose en consolation de ses projets ambitieux. On décida de lui donner une épouse extraordinaire. Une belle violoniste, qui éclipserait les haquenées de ses cousins et leurs belles dots.

Rose jouait habilement des prunelles, abaissait ses longs cils, serrait ses hanches dans des princesses en cachemire, puis offrit à Adam sa main vengeresse.

Ils se marièrent à la Notre-Dame de Leszno. Toute enveloppée de tulles blancs, Rose laissa les bonnes bourgeoises, les petites nobles larmoyantes et les oncles barbouillés de tabac embrasser ses joues ambrées d’Azov. Elle baissa la tête et sourit tendrement, lorsqu’ils déclaraient, en bavant de plaisir :

— Sois la bienvenue, noble demoiselle, fille adorable des martyres de la sainte cause polonaise, dans notre famille modeste, mais — que Dieu nous en soit témoin — honnête ! Nous mettons le sort d’Adam entre tes mains. Attache-le à cette terre de misère ! Travaillez et procréez ici !

Les sœurs, suivi du papa maire, s’en allèrent, heureuses, à Nowe Miasto ; un mois plus tard, Rose amenait Adam à Saratov, où l’on cherchait un jeune mathématicien pour un poste vacant dans un gymnase réel.

Ah, elle la tenait bien haute sa tête avec son nez merveilleux — diese, diese… o ja… wunderschöne Nase —, lorsqu’elle se promenait à Saratov ! Elle s’habillait en noir. Ce deuil était l’unique concession qu’elle faisait encore à Michel. Elle se parait d’une longue rotonde à col Marie Stuart et d’un minuscule chapeau à aile de corbeau, rabattu sur le front. Elle portait des robes moulantes à jabot de dentelle et se coiffait en bandeaux très lisses, séparés au milieu par une raie, en laissant juste quelques boucles floconneuses sur la nuque. Ses mains, sans bagues, étaient nerveuses et lourdes. Lorsqu’elle tendait sa main, on avait l’impression de serrer un objet inanimé, mais brûlant.

Deux enfants, engendrés par la nuit la plus noire, naquirent de leur union. Le jour, Adam n’osait pas l’approcher ; elle vaquait dans la maison, en tenue adaptée au moment de la journée, distante, refusant toute forme de familiarité. Chaque mouvement, chaque mot froid était plein de coquetterie. Elle le rendait fou de jalousie, car elle avait la même allure accorte et aguicheuse envers tous les hommes.

La nuit, elle restait couchée immobile. Elle n’allait pas rendre à Adam la possession plus facile. La vision seule de son corps rose et lisse n’était-elle pas un butin sans prix ?

Un jour, Adam rentra à la maison de manière inattendue, deux heures à peine après être sorti au gymnase. Dans le salon, assis au piano, il trouva gospodin Krylenko, président de tribunal de district, Petit-Russe aux yeux couleur de saphir, mélomane connu dans la ville. Rose se tenait près de lui. Son bras prolongé de la main qui tenait l’archet, inerte, pendait entre les plis de sa robe noire, à une distance indécente de la poitrine apoplectique de Krylenko. Rose était toute rayonnante de sa beauté maléfique. C’est alors qu’Adam fit la folie de lever sa canne, de crier d’une voix enrouée par la colère : « Dehors ! Dehors ! » et de montrer la porte au président, en agitant convulsivement son bras. C’est alors aussi que Rose, pour la première fois dans son mariage, fit apparaître en pleine lumière son visage contracté par des sentiments passionnés.

— Idiot ! Idiot ! s’écria-t-elle. Mille fois idiot ! De quoi tu as peur ? Pourquoi tu rages ? Je n’aimerai jamais personne, tout ça, le monde entier, est fermé à jamais pour moi ! Je suis une femme misérable, malheureuse, née au mauvais moment !

Suivirent de longues années de bonne santé, de beauté épanouie, de jupons de soie de perse bruissants, de victoires fréquentes et faciles sur les désirs masculins. Rose prit goût à ce jeu-là : elle faisait souffrir les hommes comme on boit de l’alcool — pour se soutenir.


L’étrangère (Cudzoziemka), Maria Kuncewiczowa, 1936. Traduction du polonais : Monika Szymaniak.